Chroniques d’une confinée

Toute ressemblance avec la personne ayant écrit les quelques lignes qui vont suivre ne serait que le fruit de votre imagination un peu trop fertile !

Semaine 8

Lundi 4 mai. Dès mon réveil, forte de toutes ces bonnes résolutions prises depuis une semaine, je saute de mon lit, avale mon petit-déjeuner et lance cette nouvelle semaine à coups de mails et d’appels. Vers 10h, alors que j’enchaîne les coups de fil depuis une petite heure, une excellente trop super extra bonne nouvelle arrive : toutes ces semaines de stress et d’angoisse ne pas savoir sur quel pied danser à propos de mon poste sont terminées ! C’est officiel, je reste dans mon école du bonheur l’an prochain !!! Je saute de joie, je ne sais plus où je suis, ni qui je suis, ni quel jour on est… Je ne sais plus qu’une seule chose : par un concours de circonstances bien étrange jouant en ma faveur (on dira surtout MERCI à Jésus !!) je garde ce poste chèrement acquis, tellement attendu, tellement chéri, je reste auprès de ces élèves que j’aime de tout mon cœur, et je vais pouvoir continuer à grandir auprès de ces merveilleux collègues qui m’ont été donnés et qui sont mes meilleurs alliés dans cette belle mission que je vis au quotidien ! Quelle immense joie dans mon cœur !!! En fin de matinée, après plusieurs heures de chants de louanges propulsés vers le ciel à plein gaz via mon enceinte, j’appelle ma petite sœur Capucine qui m’a promis un nouveau retour sur Victoire. On parle aussi de nos confinements respectifs, et puis je déjeune tôt parce que cet aprem j’ai rendez-vous avec tous mes collègues en visio : on doit préparer notre retour de plus en plus proche à l’école ! Bon, finalement, la seule décision qui est prise, après trois longues heures d’un calvaire au bout duquel j’ai fini par m’endormir, c’est de nous retrouver jeudi à la même heure… Je soupire, exténuée. Ma belle énergie du matin s’est enfuie dans les méandres de nos discussions sans fin. Lorsqu’Amélie rentre, je ne sais même plus ce que j’ai fait de la fin de mon après-midi, c’est très étrange, ça ! Nous dînons rapidement et je rejoins mon lit en bâillant. Ben zut alors, mais qu’est-ce qui m’arrive ??

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Mardi 5 mai. Pour mon humble orgueil personnel (oui, l’association des trois me plaît) et mon estime de moi-même extrêmement basse à la fin de cette journée, il est préférable que celle-ci reste un secret entre mon premier et mon septième moi. Cordialement, merci.

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Mercredi 6 mai. Vous imaginez bien qu’après une journée pareille – oui, je sais, je ne vous l’ai pas racontée, mais vous pouvez aisément deviner quelle a été la seule et unique activité à laquelle je me suis adonnée – j’ai eu la bougeotte. A 7h45, j’étais sur le pied de guerre, au taquet ! Petit-déjeuner avalé, cheveux propres et tressés pour ne pas me gêner, j’ai à nouveau enchaîné mails et coups de téléphones en cette première partie de matinée. Satisfaite, je me suis plongée avec délices dans les pages d’un petit dictionnaire extrêmement important pour la suite de mon Victoire. A coups de post-it et de traits de crayon, j’ai relevé toutes les informations dont je vais avoir besoin à présent pour ne rien rater du coup de théâtre que je vous prépare (héhé, suspense !!). J’ai déjeuné devant quelques épisodes de Homeland, c’est ma nouvelle série coup de cœur, étant donné que Le Bureau des Légendes est fini. On ne se refait pas, j’aime décidément beaucoup trop ce monde où l’espionnage fait loi ! Qui sait, j’ai peut-être raté ma vocation ^^ Mais trêve de plaisanterie, avec tout ça, l’après-midi a bien avancé et je suis donc sortie faire rapidement quelques courses secrètes que je me suis amusée à dissimuler dans mon placard : J-2 avant les 25 ans de ma colooooooc !!!!! Ensuite, j’ai récolté toutes les vidéos que ses copains m’ont envoyées pour l’occasion et je me suis lancée dans le montage avant qu’Amélie rentre. On a dîné et j’ai rejoint JET + sur Zoom. Décidément, les « réunions » via écrans interposés ne sont plus pour moi. Là aussi, j’ai bien failli m’endormir et j’ai dû batailler ferme pour essayer de piger quelque chose à notre partage autour de la vérité. Inutile de préciser que j’ai dormi comme une marmotte !

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Jeudi 7 mai. Comme la veille, réveillée tôt, je bondis hors de mon lit et me prépare en vitesse. Mail du jour ? envoyé. Dernières questions de parents reçues ? j’ai répondu. Je feuillette mon bouquin de grammaire, marque les pages qui seront pour la semaine prochaine, plonge dans mes dossiers de CE1 à la recherche d’un nouvel album à leur faire lire. Il n’est même pas 10h, et me voilà de nouveau en pleins travaux de construction de la suite de Victoire. Vous devez vous dire que je n’avance pas beaucoup ces temps-ci. C’est vrai que l’écriture de mon roman est plus ou moins sur « pause ». Autant la première partie a été facile à écrire parce que j’étais en terrain connu, autant celle qui se prépare sera plus lente à rédiger car elle est plus complexe et ne se déroule pas dans des lieux que j’ai l’habitude de fréquenter. Je vis à Paris, j’ai visité Vannes à plusieurs reprises et je passe mes vacances aux Moutiers-en-Retz depuis que je suis née, c’est donc très facile pour moi de me projeter dans ces lieux. Mais cet endroit où je suis sur le point d’envoyer ce cher Etienne, je n’y suis allée qu’une seule fois et même si on en a avalé, des kilomètres, en une semaine, je suis loin d’avoir tout vu, tous saisi, tout compris… (comprenne qui pourra, justement, suspense suspense !). Heureusement que ma chère coloc est là pour me rappeler à l’ordre et m’indiquer qu’il est grand temps de déjeuner ! Et tandis que je rejoins à contre-cœur ma nouvelle visio-conf’ de collègues, micro et caméra coupés, Amélie se lance dans un ménage complet du sol au plafond de l’appart’. Les blablabla interminables continuent mais je n’écoute plus rien depuis que je sais que nous nous réunirons à nouveau lundi, et cette fois en vrai, pour enfin arriver à la conclusion de tous nos « projets » pour cette réouverture de plus en plus proche. Deux réunions, et cinq heures de blablabla pour ça, franchement, pour une fois, on aurait pu se contenter d’un mail ;D Je suis tellement énervée que je rejoins Amélie dans sa folie ménagère et m’attaque à ma chambre en pestant contre la terre entière. C’est tout propre et ça sent bon. Satisfaites, nous sortons faire quelques courses : demain c’est la fête, hors de question de ne pas se faire plaisir !!! Notre dîner avalé, nous découvrons le dernier Secrets d’Histoire de Stéphane Bern avec beaucoup d’émotion. Décidément, la petite Thérèse n’a pas fini d’étonner les esprits et de bouleverser les cœurs de tous ceux qui plongent dans sa vie ! Amélie couchée, je récupère mon ordinateur et peaufine le montage surprise en pouffant devant certaines vidéos bien rigolotes ! Lorsque je suis certaine qu’elle dort, je me glisse dans la cuisine pour mettre la bouteille de champagne au frigo et je rejoins mon lit. Au dodo, demain il faut que je sois au taquet !

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Vendredi 8 mai. Joyeux anniversaire Mimiiiiiiiii ! On se croise dans la cuisine sur le coup de 8h. ça pique. Il est un peu trop tôt pour ma pauvre coloc qui retourne dans son lit. Petit-déj à 9h, me dit-elle. OK, ça me laisse une heure pour émerger de mon côté et lui préparer un fat petit-déj ! Avant que nous dégustions la brioche, je lui montre la « petite » vidéo que j’ai faite grâce à tous ses amis qui se sont bougés pour elle. Elle est tout émue ! En même temps, elles sont ouf, ces petites attentions qu’ils ont eues pour elle !!! En revanche, y a un truc que je ne comprendrai jamais, c’est qu’elle insiste pour faire elle-même son propre gâteau d’anniversaire. Je crois que ma coloc a perdu confiance en mes talents culinaires, haha ! A midi, on fait péter le champagne et on se délecte d’un bon apéro festif. Ensuite, Amélie débouche la bouteille qu’elle a reçue de la part de Rothschild pour ses bons et loyaux services depuis le début de la pandémie. On ne va pas cracher dessus, hein, en plus elle est bien bonne cette bouteille ! Poulet tikka et pommes dauphines l’accompagnent (re haha). Puis c’est l’heure des bougies plantées sur le banana bread qui fait office de birthday cake. Tu m’étonnes qu’elle s’endorme sur le canap’ après un tel déjeuner. Je bouquine tranquillement à côté d’elle, j’ose pas bouger, j’ai peur de la réveiller. C’est un coup de fil qui la tire de son sommeil, tandis que je reprends mon ordinateur pour écrire un peu (j’ai quand même pas tout arrêté !). L’après-midi s’étire, je rejoins Jésus puis nous sortons nous promener vers les Batignolles. Le circuit parfait : une heure plus tard, nous sommes de retour. Un peu avant 20h, je lui lis le passage que j’ai écrit un peu plus tôt dans l’après-midi. Eh bien croyez-le ou non, toute la rue m’a applaudie à la fin ! Fiertééééé ! 😀 Ensuite, eh bien… On a à nouveau trinqué au champagne, puis au bordeaux, en dégustant mille et une petites choses très très bonnes de chez Picard et en chantant à tue-tête (ça devient une habitude, oui oui je sais). Les messages pleuvaient sur la conversation secrète que j’avais créée pour récolter toutes les vidéos en réaction à celle que Mimi avait faite pour les remercier ! Un peu éméchées, on a décidé d’en tourner une nouvelle, puis une autre, et encore une autre, en se mettant en scène dans notre petit salon. Retrouvailles en gare, réveil en fanfare, interview télévisée… Jusqu’à ce qu’on réalise que notre voisin d’en face assistait à tout ça depuis son canapé ! Ha. Ha. Ha. Et en plus il nous faisait des grands coucous !!! ça s’est fini en bataille de bombes à eau avec ses enfants. Naaaaaan on n’a pas fait ça ??? Siiiiiiiii ! ^^ Promis, après on est allées se coucher.

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Samedi 9 mai. Samedi gris, samedi pluvieux, samedi orageux. Un vrai temps à rester enfermée chez soi pour bosser. Et d’ailleurs c’est ce que j’ai fait. Prenant de l’avance sur le déconfinement (chut, ça doit rester un secret entre nous !) Amélie est partie fêter son Quart de Siècle chez sa Maman et moi je me suis replongée dans les aventures de Carméla, la petite héroïne de La petite poule qui voulait voir la mer. Oui, j’ai 7 ans et je le vis très bien, je vous remercie !! Avec un peu d’imagination et beaucoup de bonne volonté, j’ai transformé l’album en terrain d’apprentissage de notre prochaine leçon de grammaire. Eh ouais, on a la classe où on ne l’a pas, les gars ! Le confinement m’aura au moins appris une chose : à créer – pour de vrai – de la transversalité entre les matières. Parce que c’est facile, de faire une « disgression » à l’oral, d’expliquer aux élèves pourquoi on met un « p » à la fin de loup, ou de raconter en quelques minutes l’histoire de Mozart, par exemple. Mais croyez-moi, ça l’est beaucoup moins quand on enseigne à distance !! Bref, après avoir fait tout ça, j’ai soufflé en compagnie de mon Gilles bien-aimé (toujours à deux doigts de la mort, celui-là !) et Mimi est rentrée. On a dîné en envisageant le pire pour la nuit à venir, au vu de l’averse impressionnante qui fondait sur nous. Moi l’orage, j’aime pas ça, alors après le dîner j’ai relancé Homeland et je me suis terrée sous ma couette parce que orage + Homeland en fait ça faisait pas bon ménage. Ah oui, ça je vous l’avais pas dit, mais je suis pas hyper courageuse comme nana, et j’ai beau adorer ce genre d’aventures, je ne tremble pas moins de tous mes membres dès que ça devient un peu trop flippant… Quand l’orage s’est enfin calmé, j’ai refermé mon ordinateur et me suis empressée de m‘endormir, espérant que l’accalmie durerait assez longtemps pour que je puisse rejoindre Morphée en toute sérénité…

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Ainsi s’achèvent les Chroniques d’une confinée.

Eh oui, demain je retourne à l’école, mardi je retrouve le pupitre de mon cœur (RPZ Team Alti de Folie !), et jeudi j’aurai le bonheur d’accueillir à nouveau quelques petits chous dans ma classe !! J’ai adoré vous raconter mes journées (oui, ça c’est quelque chose que j’aime bien faire dans la vie de tous les jours !) et vous entraîner dans mes (més)aventures de confinée. Tout est vrai, ou presque, et peu (ou très) exagéré. J’ai un peu l’impression d’avoir vécu dix ans en deux mois et je crois que je ne sais plus comment on dit bonjour aux gens ni comment on prend le métro, d’ailleurs. Qui sait, il y aura peut-être une suite à tout ça… Pourquoi ne pas écrire les Chroniques d’une déconfinée ? Hahaha !

Une confinée (parmi tant d’autres) presque déconfinée.

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