Chroniques d’une confinée

Toute ressemblance avec la personne ayant écrit les quelques lignes qui vont suivre ne serait que le fruit de votre imagination un peu trop fertile !

Semaine 4

Eh ouais, déjà quatre semaines que nous sommes confinés. C’est fou comme le temps passe à la fois vite et lentement. Dimanche midi, pour fêter les Rameaux, nous avons cuisiné des Burger-maison avec Amélie : ils étaient très très bons !!! On les a mangés en visio avec un ami de ma chorale qui est tout seul chez lui. On a vraiment passé un beau moment ! Le soir, j’ai eu la chance de pouvoir me confesser auprès d’un prêtre de ma paroisse. Ça m’a fait un bien fou, j’étais prête à attaquer sereinement cette semaine si particulière, pour nous.

Lundi 6 avril. Vacances rimeront avec bonnes résolutions. Hors de question de passer quinze jours au fond de mon lit, sinon c’est la déprime assurée ! A 8h, je suis debout et j’avale mon petit-déjeuner. A 8h30, je suis prête à louer ! Je confie ma journée à Jésus et je me lance dans le tri particulièrement inintéressant de ce fameux dossier « Ecole – vrac » qui traîne depuis deux ans sur mon ordinateur. Je ne pensais pas avoir créé autant de sous-dossiers Grammaire en si peu de temps… C’est fou ce qu’on peut amasser comme données sans même s’en rendre compte ! A 10h, coup de fil d’une volontaire du Rocher (une association dans laquelle j’ai passé un an il y a déjà 4 ans !) : elle m’annonce que j’ai rendez-vous – au téléphone, bien sûr – avec une petite élève de CM1 qui a besoin d’aide pour faire ses devoirs. Je m’en réjouis déjà ! Je l’appelle après mon déjeuner. On a un peu de mal à se comprendre au départ, et finalement, me voilà, à la fois au téléphone et à la fois branchée sur snap pour l’aiguiller dans son travail. Elle est vive, plutôt douée, je suis contente, je sens que je vais me régaler !! J’ai presque l’impression d’être redevenue une vraie maitresse, debout au milieu de sa classe, qui pose mille et une questions à ses loulous pour les aider. L’après-midi a filé. Après cette aide aux devoirs, je me lance dans la préparation des cookies que j’ai promis à Amélie. J’utilise la recette d’un de mes élèves qui a l’air fameuse ! Deux heures plus tard, j’ai fait 60 cookies, je me demande comment on va faire pour manger tout ça à deux, et il est l’heure de retrouver Jésus. Je suis tellement heureuse de cette première journée de vacances qui m’a parue si fructueuse qu’après mon temps de prière, je retourne dans la cuisine pour préparer le dîner. Tant pis, je n’aurai pas écrit aujourd’hui… J’avais de l’énergie à revendre ! Lorsqu’Amélie rentre de l’hôpital, le repas est prêt et nous n’avons plus qu’à nous attabler, savourer, et papoter ! Mes cookies sont mille fois trop bons, je remercie mon p’tit élève pour sa merveilleuse recette. La nuit tombe et nous rejoignons chacune notre chambre.

*

Mardi 7 avril. Il est trois heures du mat’. Je pète la forme. Tout. Va. Bien. Fêtons le retour des insomnies, youhou ! Il paraît que c’est dû au confinement… A 4h, je ne dors toujours pas. Je finis par prendre mon portable pour écouter un peu de musique. Rien n’y fait. Il est 5h. Je lance un épisode d’une série… et je le termine sans m’être endormie pour autant ! C’est quoi cette blague ? Je vais presque pouvoir prendre mon petit-déjeuner avec Amélie, si ça continue ! J’ai pourtant dû me rendormir, car quand mon réveil sonne, ça pique sévère. Je m’accorde une demi-heure supplémentaire et finis par émerger, affamée ! Petit-dej, louange de feu… Me voilà prête ! J’appelle Jeanne, c’est son anniversaire aujourd’hui, et j’imagine qu’un anniv’ confiné ça doit pas être vraiment la fête ! Je lui ai écrit une petite lettre et glissé quelques cookies dans un paquet qu’Amélie lui apportera dans la journée – elle travaille juste à côté de chez elle, pratique ! Notre conversation dévie encore et toujours sur nos élèves, sur le confinement, puis sur des sujets plus profonds. Finalement, on se fait la remarque que quelque part, cet isolement a du bon. Il nous lie les uns aux autres d’une manière toute particulière. Lorsque je raccroche, je m’inquiète car je n’ai pas de nouvelles de ma petite élève qui était censée m’envoyer son travail. Je la relance. Pas de réponse. Avant de déjeuner, j’écris un peu. Je suis pas trop inspirée mais j’essaye quand même. Je réessaye d’appeler la petite. Rien… ça sent mauvais… J’attends un peu, puis je lâche l’affaire en me disant qu’elle rappellera quand elle aura vu mon message. Je me lance dans le visionnage de la nouvelle saison du Bureau des Légendes. My my ! Louis Garrel a rejoint le casting, je craque, je fonds, je suis AUX ANGES ! En plus il tient un super rôle. Ooooouuuuh je sens que je vais kiffer cette cinquième saison, moi 😀 Ravie, j’enchaîne avec le deuxième épisode puisque je n’ai toujours pas de nouvelles de la petite. A la fin de l’après-midi, dépitée, je lâche mon téléphone pour rejoindre Jésus. Au retour d’Amélie, nous dînons tranquillement et branchons les infos, histoire de prendre des nouvelles du front. Et puis, mardi oblige, je rejoins THE pupitre du Love pour la première partie de notre zoom. On trinque à l’anniv de Jeanne, on échange nos joies et nos peines des derniers jours, on rigole, bref, un pur moment, comme d’habitude ! S’ensuit le zoom de toute la chorale, qui joue les prolongations tard dans la soirée. Je me couche, épuisée. J’ai du sommeil à rattraper !

*

Mercredi 8 avril. C’est mon réveil qui me tire de mes rêves. Je n’ai même pas entendu Amélie partir, c’est dingue, ça ! J’ai bien dormi et pourtant je suis fatiguée. Je repousse encore et encore le moment où il faudra que je quitte mon lit. D’ailleurs, après mon petit-déjeuner, je replonge sous la couette, mon portable à la main. Ça devient une habitude du mercredi, ça, de traîner au lit. Je soupire. Je suis en vacances, je peux bien y rester un peu. Mouais. Nan. Parce que si ça continue comme ça, je sais TRES BIEN comment ça va se passer, je vais y passer ma journée, je vais zoner, traîner, bâiller, regarder une série… Et quand je fais ça, le soir, je suis surexcitée, je ne dors pas, et en prime je ne suis pas fière de moi DU TOUT. Je saute de mon lit. Du nerf, Cha ! A 10h, je suis prête pour ma nouvelle louange quotidienne. A 10h30, je suis la messe en direct de La Trinité. C’est fou, « en temps normal » on est à peine 50 à la messe en semaine, et encore, je suis sûre que j’exagère. Mais là, y a 90 personnes qui suivent cette messe en direct ! 90 ! Wahou ! Je suis d’autant plus heureuse de m’être connectée. Après, j’essaye d’avoir des nouvelles de mon élève. Peine perdue… Je me plonge dans Victoire. Puisque c’est comme ça, je vais avancer ! Le personnage d’Etienne (mon héros) apparaît de plus en plus nettement au fil des pages. Et moi, je vois mieux là où je veux l’emmener. Il me plaît et en même temps je lui en veux d’être aussi froid. M’enfin, c’est qu’un nom sur un écran, rien de plus, je sais. Mais ce nom-là, il m’accompagne depuis des années. Etienne est né lorsque je révisais mon bac, il y a 8 ans. N’en pouvant plus de tous ces cours rébarbatifs, je m’évadais de plus en plus souvent de la salle d’étude de la pension dans laquelle j’étais en lui inventant des aventures extraordinaires qui me font toujours rêver aujourd’hui. Bien sûr, en 8 ans, j’ai grandi. Et lui aussi, il a bien changé. Au départ, il était très sentimental, un peu trop comme moi, quoi. Maintenant, il est fort, il est solide. Un peu trop, d’ailleurs, haha. On est passé d’un extrême à un autre. Il est de plus en plus complexe, de plus en plus insaisissable et en même temps de plus en plus vrai. Sa vie est à la fois un rêve et un cauchemar. Je n’en dis pas plus, vous pourrez retrouver le début de ses aventures sur la page qui lui est dédiée 😉 Je réessaye d’appeler mon élève. Toujours rien. Eh ben tant pis, voilà. Si elle veut pas de mon aide, elle se débrouillera seule. Je vais pas non plus passer mes journées à attendre qu’elle veuille bien répondre ! Je reprends Victoire là où je l’ai laissé. Au soleil sur mon canapé, j’écris, je relis, je réécris. C’est dur d’être perfectionniste, parfois (ou pas !). Il fait de plus en plus chaud dans mon salon. Je décide d’aller me changer, d’abandonner mon ordinateur, d’orienter le canapé vers le soleil et de prendre un bon bouquin en attendant le retour d’Amélie. Quand elle rentre, il fait encore très beau et très chaud. On opte pour un apéro-pique-nique sur le canap’. C’est marrant, la voisine d’en face ne nous a pas vues, elle est au téléphone sur son balcon avec un bout de sa robe rentré dans sa culotte et dès qu’elle se retourne on voit tout. On essaye de lui envoyer des signaux pour qu’elle comprenne, mais ça marche pas… Tant pis pour elle, elle ne saura jamais ! ^^

*

Les trois jours qui ont suivi sont ceux que l’on appelle Le Triduum Pascal. Les trois jours saints qui précèdent Pâques, si vous préférez. Cette année, j’étais censée les vivre dans La Trinité, dormir dans l’église, suivre des temps d’enseignement, vivre des temps de prière, des offices, des messes un peu dingues… Confinement oblige, j’ai tout vécu depuis mon appart ! Jeudi a été un jour de grande fête, on a préparé notre appart pour y accueillir Jésus et on a dîné à la manière dont les juifs fêtent Pâques, en trinquant à plusieurs reprises et en dégustant pain azyme, agneau, œuf dur et compote. Vendredi, jour de la Passion, grand silence et pénombre ont régné dans l’appart, d’autant qu’Amélie retravaillait. Samedi, jour de l’attente, on est restées dans cette ambiance jusqu’au soir, avant de se préparer à la fête puisque, grande joie, dans la nuit, Jésus a vaincu la mort et il est Ressuscité ! Ces quelques jours ont eu, pour la première fois, une saveur vraiment particulière que je ne développerai pas ici. Les vivre de cette façon a tout changé et j’ai l’impression d’avoir un peu ressuscité, moi aussi ! 😀

Je vous souhaite une belle semaine dans la joie du Christ Ressuscité !

Une confinée (parmi tant d’autres) un peu illuminée.

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